
Quand je mange avec quelqu'un que j'apprécie, que je passe un bon moment, je me sens très rapidement rassasiée, comme si j'étais nourrie autrement que par la nourriture. Comme si ce que je mange n'était pas un réel enjeu.
Avec A. c'est un bonheur, nous nous faisons vraiment plaisir et mangeons de bons p'tits plats, mais je n'éprouve pas le besoin d'en engloutir des quantités astronomiques. Le repas est un moment très agréable, d'échange, et la nourriture n'est plus le centre de mes obsessions (même si miam! franchement, on se prive pas!).
Dans ces moments là je touche ce que devrait être mon comportement face à la nourriture. Ce qu'il devrait être tout le temps...
Dans ces moments là, je vis vraiment. Je ne me tracasse pas.
Comme quand je suis en stage, ou en famille, et que je n'ai pas à me prendre en charge, à réfléchir à ce que je vais manger. Je suis le mouvement, et ça me va bien.
Mais je suis livrée à moi-même pour 90% de mes repas.
Avec non seulement un douloureux face-à-face avec mon assiette que ni la télévison ni l'ordinateur ne parviennent à masquer, mais en plus une foule d'interrogations, de prises de tête... Quoi manger? Quelle quantité? Est-ce équilibré? N'est-ce pas trop? Trop peu?
Et surtout l'éternel problème... : seule je ne parviens pas à sentir le rassasiement. Seule, j'ai l'impression d'être un puit sans fond, et je peux à tout moment basculer dans la boulimie.
Je ne sais pas manger seule...
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