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Mardi 14 mars 2006

(Histoire de me déculpabiliser un peu...)

 

Consommé avec modération, le pain ne fait pas grossir et peut s'inscrire à tous les repas, dans le cadre d'une alimentation équilibrée. Très pauvre en graisses mais riche en fibres rassasiantes, il a un très bon effet coupe faim qui prévient l'envie de grignotage, redoutable pour la ligne.

Aliment complet, il renferme aussi des protéines (éléments bâtisseurs de l'organisme), des glucides (sucres) qui fournissent une énergie longue durée, des vitamines du groupe B (bonnes pour la peau et les cheveux) et des minéraux.

Selon les nutritionnistes, la ration idéale devrait être d'environ 1/2 baguette pour un enfant, 3/4 de baguette pour un adolescent ou une femme adulte et 1 baguette pour un homme adulte.

Sur le plan nutritionneltous les pains ne se valent pas : le pain plain, fabriqué avec de la farine raffinée (255 kcal pour 100g), contient moins de vitamines, de minéraux et de fibres que le pain complet (230 kcal pour 100g), aux céréales ou au son. En effet, ces précieux nutriments, essentiellement présents dans le germe et les enveloppes du grain de blé, sont éliminés lors du raffinage. Bon à savoi : de nombreux pains fantaisie, comme le pain de mie ou la baguette viennoise, sont plus riches en calories car ils renferment du sucre et des matières grasses ajoutées.

 

Extrait de "métro", avec sodexho, restauration et services

Par Tbilissi
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Samedi 18 mars 2006

La course à la minceur ferait-elle grossir? C'est l'une des théories d'un essai passionant, "Dictature des régimes, attention!" (Ed. Odile Jacob), qui vient de paraître. Rencontre avec les 2 auteurs iconoclastes, Jean-Philippe Zermati, nutritionniste et thérapeute comportementaliste, et Gérard Apfeldorfer, psychiatre.

 

Jamais les mangeurs n'ont possédé autant d'informations sur la nourriture, et jamais ils n'ont été aussi obsédés par leur poids. Comment expliquer ce paradoxe?

Jean-Philippe Zermati : Au diktat de la beauté (bien se nourrir pour être mince) s'ajoute aujourd'hui celui de la santé : bien s'alimenter pour vivre vieux! Comment alors manger sans stress? Nous croulons sous les conseils nutritionnels : croquer 5 fruits et légumes, se contenter de 1800 calories par jour... Ces données épidémiologiques ne veulent rien dire au niveau individuel : ce qui est valable en moyenne ne l'est pas pour chaque individu. Pis : certaines de ces injonctions sont fausses. Faire 3 repas quotidiens, avaler au petit-déjeuner 25% des calories de la journée : ces règles ne reposent sur aucun fondement scientifique. Mais, présentées "pour leur bien" à des mangeurs anxieux, elles sont crues et craintes : en 1972, 50% des français pensaient trop ou mal se nourrir. En 1989 ils étaient 63%. Aujourd'hui la majorité d'entre nous mangent avec leur tête, et plus avec leur corps : ce contrôle mental de l'alimentation, appelé aussi "restriction cognitive", est la vraie maladie de notre civilisation!

Gérard Apfeldorfer : Cette attitude génère des névroses alimentaires. On ne se restaure plus, on fait le plein de nutriments et vitamines, en oubliant que le principe même d'un aliment est d'être nourrissant. Boulimiques, on préfère se gaver de légumes ou de produits allégés, quitte à faire le deuil du goût. Or, il existe une composante émotionnelle au rassasiement. Si on n'est pas satisfait par ce qu'on avale, on a envie de remettre le couvert... et on se jette sur la première tablette de chocolat venue!

 

La France, pays de la gastronomie, ne sait donc plus où donner de la fourchette. A qui la faute?

J-P. Z. : Face à la menace d'une obésité généralisée, et pour éviter qu'on leur reproche de n'avoir rien fait, les pouvoirs publics ont lancé des campagnes d'informations sur la nutrition, relayées par le corps médical et les médias. Cela a contribué à la mise en place de dogmes anxiogènes et d'une police de l'alimentation : on interdit les distributeurs automatiques dans les lycées, on confisque le goûter dans les écoles ! Face à ce nouveau puritanisme alimentaire, l'industrie agro-alimentaire ne se prive pas de jouer la carte de la tentation-transgression avec des produits nouveaux, savoureux, riches... Entre les aliments "sains" et les "cochonneries" délicieuses, notre coeur balance tant et si bien qu'on en oublie nos propres besoins corporels. Ce qu'un nourrisson sait faire, à savoir manger ce qui lui convient dans les quantités adaptées, nous en sommes désormais incapables.

G.A. : Dans nos sociétés où la transmission des savoir-faire alimentaires se perd, la tendance est d'attendre une vérité nutritionnelle venue d'en haut. Il faut que les mangeurs reprennent confiance en eux : dans l'écrasante majorité des cas, leur cerveau est à même de réguler leur appétit et de leur donner envie des produits dont leur corps a besoin.

 

Parfois, cette régulation ne nous satisfait pas : on se trouve trop dodus. Tout le monde peut-il maigrir?

J.P. Z. : On ne fait pas ce qu'on veut de son corps. Maigrir n'est donc pas qu'une question de volonté! Chaque individu possède un poids d"équilibre, et son organisme régule naturellement les prises alimentaires pour s'y adapter. Certaines personnes, dont le poids d'équilibre est élevé, ne pourront jamais maigrir durablement. Elles ne seront pas en mauvaise santé pour autant! Dans 20 ans, de nouveaux médicaments ou le génie génétique permettront peut-être d'abaisser ce poids d'équilibre, mais, en attendant, ces ronds-là devront s'accepter, ce qui est d'autant plus dur qu'à l'heure actuelle le surpoids est terriblement ostracisé.

G. A. : L'alcool, le tabac, l'agressivité : ces échappatoires aux difficultés de la vie sont de moins en moins bien tolérées socialement. Manger reste l'anti-stress le plus facile ! Le problème de la majorité des personnes en surpoids est ainsi de nature psychologique, et non diététique. Dans leur cas, le régime est totalement inefficace :  les soignants feraient bien d'adopter une approche "psy" qui leur manque cruellement aujourd'hui.

 

A part la solution divan, comment faire pour bien manger sans grossir?

G. A. : Le seul moyen naturel est de réapprendre à se nourrir en fonction de nos sensations, de notre faim et de notre satiété. Ecouter son corps nécessite des efforts : éviter de manger en travaillant, prendre le temps de digérer... Aucun mets n'est néfaste, ni les pizzas ni les barres chocolatées, mais encore faut-il les apprivoiser ! Plus un aliment est nourrissant, plus il faut le déguster lentement et être attentif au moment où l'on sera rassasié. C'est cela qu'il faut enseigner aux enfants, et non que tel aliment est mauvais ou bon pour la santé.

J. P. Z. : S'attabler avec des gens sympathiques facilite la digestion ! Sérieusement, manger est un acte social et un bonheur. L'oublier est fatal. Depuis le XVIIIe siècle et l'avènement de la gastronomie, nous les Français écoutons nos papilles plus que les médecins. Cet hédonisme-là nous a, semble-t-il, bien protégés de l'épidémie d'obésité : les Anglo-Saxons sont bien plus touchés, eux qui ont cultivé une vision diététicienne de la nourriture! Aujourd'hui, le danger venu d'outre-Atlantique n'est pas la junk-food, mais cette vision scientifico-nutritionnelle où même le plaisir est commandé.

 

Elle "Spécial maigrir" du 13 mars.

Par Tbilissi
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Samedi 25 mars 2006

Nous avons tous de mauvaises habitudes, mais changer sa manière de vivre est difficile. Pourtant, au fond de nous, nous sommes convaincus que s'il le fallait vraiment, nous trouverions la force de le faire.

Pour Martin, avocat, c'était une question de vie ou de mort, et pourtant... A 50 ans, il en était à son deuxième pontage coronarien. Les artères de son coeur étaient tellement bouchées qu'un troisième pontage n'était pas envisageable. Il fallait impérativement qu'il arrête de fumer, qu'il change son régime et qu'il fasse du sport : les seules approches connues qui soignent véritablement les maladies cardiaques - les médicaments ne venant qu'en deuxième ligne. Sans ces changements, ses chances de survie étaient terriblement faibles. Pourtant, il ne pouvait s'y résoudre. Impossible de se tenir à "de bonnes résolutions".

Et vous, le feriez-vous?

Oui? En êtes-vous si sûr? Les probabilités sont contre vous, à neuf contre un : 90% des personnes qui ont subi un pontage n'ont pas modifié leurs habitudes de façon significative deux ans plus tard. Et ces personnes, c'est nous : Occidentaux, éduqués, en pleine possession de l'information nécessaire. Nous, qui ne changeons rien.

Peut-être est-ce trop demander? S'il s'agissait simplement de prendre une pillule le matin, nous le ferions certainement, n'est-ce pas? Toujours pas! Dans certaines études, deux tiers des personnes à qui l'on prescrit un médicament pour faire baisser leur cholestérol ne le prennent plus au bout d'un an, malgré les injonctions de leur médecin...

Alors, que se passe-t-il? A quoi résistons-nous?

 

Martin était beaucoup trop gros, il avait arrêté le sport depuis des années, il ne se déplaçait plus qu'en voiture, sa vie sexuelle s'était progressivement réduite depuis qu'il n'avait plus confiance en ses érections, il s'était brouillé avec ses enfants après son divorce, les voyait rarement, et souffrait de la tension de ces moments un peu forcés.  Depuis l'absorption de son cabinet par un plus grand groupe, sa charge de travail avait beaucoup augmenté et il avait abandonné les soirées où il jouait du jazz au piano avec ses amis. Alors comment se résoudre à lâcher auusi ses fidèles Rothmans, et les frites et les deeserts? C'était ses derniers vrais amis, toujours là, prévisibles et réconfortants quand plus rien d'autre ne semblait l'être. Et puis, au fond de lui, l'idée d'ajouter des années de survie à cette existence plutôt morne n'avait rien d'enthousiasmant. Pas au point, en tout cas, de laisser tomber les petites habitudes qui lui apportaient du plaisir.

Ce qui peut nous faire changer, ce n'est pas l'information sur nos chances de survie : qui a arrêté de fumer parcequ'il est écrit "fumer tue" sur les paquets de cigarettes? Aucune information abstraite ne peut nous motiver suffisamment. Le passage secret se trouve dans les émotions : il faut que les changements que nous entrepenons soient tels que nous nous sentions plus en vie. Il faut que nous ayons plus de plaisir en changeant qu'en ne changeant pas.

Martin a changé. Il s'est lancé grâce à un groupe de soutien. Il a même compris que plus vite il lâchait ce qui l'avait enfermé dans son isolement et dans un corps qu'il n'aimait plus, plus il se sentait en vie : ne plus être essouflé, découvrir la douce ébriété de la fatigue physique après un effort soutenu, voir revenir ses érections du matin, faire baisser son cholestérol sans même prendre de médicaments, et sentir à travers cela qu'il était à nouveau maître de son corps. Mais l'étape décisive a été de renouer avec ses enfants grâce à l'intervention de son généraliste un peu "psy", et de sentir l'envie qu'il avait d'apprendre à son fils à jouer du jazz. Et puis d'aider sa fille à monter son site internet sur le déveleppoment durable. Et enfin de réorienter son travail d'avocat pour devenirmédiateur en résolution de conflits. Ca rapportait moins, mais ça lui donnait beaucoup plus d'impression de contribuer utilement à la société, à plus de justice, d'harmonie. Au bout de 3 ans, avec un sourire qui vous réchauffait le coeur, il aimait dire : "ma maladie, c'est la plus belle chose qui me soit arrivée!"

Dean Ornish est le grand cardiologue de l'université américaine de San Fransisco qui a démontré que l'on pouvait guérir des maladies cardiaques grâce aux groupes de soutien qui prônent la méditation, l'ouverture aux émotions, le réhime et l'arrêt du tabac. Dans son livre, il résume parfaitement la découverte de Martin : "La meilleure motivation pour changer, ce n'est pas la peur de mourir mais la joie de vivre!"

David Servan-Schreiber, Psychologies Magazine de mars 2006

Par Tbilissi
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Mercredi 5 avril 2006

80 à 95 % des gens qui perdent du poids le reprennent dans les cinq ans. La raison ? L’hypercontrôle alimentaire et mental que la plupart des méthodes amaigrissantes imposent. Le psychiatre Gérard Apfeldorfer dénonce cet engrenage.



Maigrir est difficile, mais à la portée de beaucoup d’entre nous. Maigrir sans regrossir, c’est une autre paire de manches ! En réalité, 75 % des personnes qui désirent perdre du poids y réussissent dans les premiers mois, mais 80 à 95 % auront tout repris, voire plus, quelques années plus tard. A tel point qu’on peut se demander si faire des régimes est bien raisonnable. C’est finalement la conclusion à laquelle Isabelle, 42 ans, cadre de banque et experte en méthodes amaigrissantes, est arrivée : " Faire un régime, c’est modifier son physique et son mental de fond en comble. Une tâche qu’on sous-estime. " Vrai. D’un point de vue biologique, il faut d’abord tenir en échec les mécanismes naturels de régulation du poids, un système neurohormonal qui s’emploie à protéger les réserves de graisses de toute dilapidation inconsidérée. Mais, si nous sommes gros, c’est aussi souvent parce que nous faisons appel à la nourriture pour tenter de régler des difficultés psychologiques auxquelles nous ne savons pas faire face. Cesser de répondre à ses envies de manger, c’est donc se retrouver sans défense face à des pensées et émotions déplaisantes ; ou bien être confronté à des problèmes relationnels et affectifs qu’on est incapable de gérer.

C’est pourquoi, pour maigrir, on se met dans un état mental particulier : on fait abstraction de ses sensations physiques de faim et de rassasiement, ainsi que de l’appétence exacerbée pour les aliments les plus caloriques - les meilleurs au goût quand on a faim. Pour y parvenir, on encadre son alimentation de règles strictes, on se raconte des histoires à la limite du délire : les yaourts à 0 % de matière grasse seraient plus savoureux que les vrais, on ne connaîtrait rien de meilleur que les endives à l’eau, etc. On se doit aussi d’oublier tout ce qui pourrait nous faire perdre le contrôle - angoisses, chagrins, soucis, etc. - pour ne plus penser qu’à une chose : maigrir. Cette mobilisation générale autour d’une seule idée visant à occuper tout l’espace mental a été décrite, au milieu des années 70, par deux chercheurs américains, Peter C. Herman et Janet Polivy, sous le nom de " restriction cognitive ".

L’hypercontrôle : un état mental fragile
En pratique, cet hypercontrôle alimentaire et mental est souvent débordé : il suffit de se laisser tenter par une petite quantité d’aliment interdit pour sombrer corps et âme dans la perte de contrôle et manger sans frein. Puis viennent la culpabilité et le rétablissement de l’hypercontrôle : la chair est faible, on a fauté. Pour expier, serrons-nous la vis encore un peu plus ! Un effet de transgression de l’interdit (ou " abstinence violation effect "), typique de l’état de restriction cognitive.
Herman et Polivy ont repéré une multitude de situations qui nous font basculer dans la compulsion alimentaire : les émotions - joie, colère, tristesse - ; la déprime ; le stress ; mais aussi des événements anodins comme une sensation d’inconfort physique ou psychologique - fatigue due à un rhume, arrivée des règles, dîner entre amis avec une petite consommation d’alcool, etc. Autant d’exemples qui suffisent à nous désinhiber et nous faire plonger.

Des mécanismes voués à l’échec
Toutes sortes de régimes et de méthodes amaigrissantes s’emploient à nous soutenir dans ce travail de Sisyphe : maintenir sans faille l’état de restriction cognitive. Ce qu’ils nous proposent, en fait, ce sont des mécanismes de défense pour nous protéger de nos désirs alimentaires. Des mécanismes voués d’avance à l’échec. Nous faisant miroiter une minceur toute temporaire, ils nous incitent à renforcer encore et toujours l’hypercontrôle… jusqu’à l’effondrement final et la reprise des kilos !

On s’identifie à un gourou Une première méthode consiste à s’identifier à un gourou amaigrisseur, un médecin, ou à des personnes qui sont parvenues à perdre du poids. " J’ai eu confiance dans le régime Montignac parce que c’était un type dans mon genre, qui mangeait au restaurant un peu trop souvent et qui a lui-même connu des problèmes de tour de taille ", nous dit Jean-Marc, 34 ans, ingénieur technico-commercial. Même raisonnement pour Claire, 26 ans, secrétaire trilingue, qui s’enthousiasme pour le régime hyperprotidique du docteur Peltriaux : " Selon lui, cette méthode a marché avec Jean-Pierre Foucault, Isabelle Adjani et Yves Rénier. Alors, pourquoi pas avec moi ? Et effectivement, ça marche super bien : j’ai déjà perdu cinq kilos en deux semaines et je n’ai pas faim. C’est facile : j’avale les sachets et je ne pense pas à manger. "

Isabelle, 45 ans, a choisi une autre stratégie : " J’en suis revenue des régimes miracles. On maigrit, mais après, on reprend plus qu’on n’a perdu. Cette fois, je suis allée voir un médecin nutritionniste réputé, un type sérieux, bardé de diplômes. Avec lui, j’ai tout de suite senti que le courant passait. Désormais, je mange équilibré. Chaque fois que j’ai envie de manger quelque chose qu’il ne faut pas, je pense à lui et je me demande ce qu’il me dirait. Il ne serait pas content, ou peut-être que cela lui ferait de la peine de voir que je sabote son régime. Ça me permet de tenir. "

On adopte des rituels rigides ou des pratiques fétichistes " Ce que j’aime, dans la méthode Gesta, c’est qu’on a droit à des cuillères de miel et à des fruits secs durant la journée. Je les mange avec délectation, presque religieusement. Ça m’aide énormément pour tenir le coup ", explique Vanessa, 21 ans, qui attaque avec assurance le troisième grand régime de sa vie. De fait, de nombreuses méthodes amaigrissantes proposent des aliments à consommer rituellement : les régimes Scarsdale ou Mayo préconisent la consommation de pamplemousses, tandis que le régime de la " soupe mange-graisse " (régime diffusé sous le manteau, prétendument mis au point par un hôpital américain pour les malades cardiaques obèses devant maigrir impérativement avant une opération chirurgicale) explique que plus on consomme de la soupe de légumes, plus on maigrit.

Bien entendu, ces régimes aboutissent à des pratiques alimentaires rigides qui se transforment souvent en obsession. " Quand je tombe sur un aliment qui n’est pas prévu dans mon régime, c’est la panique, raconte Claire. Si j’en mange, même un peu, je sais que ça fichera tous mes efforts de la semaine en l’air. Alors, je me méfie, je fais des détours pour ne pas passer devant les boulangeries quand je rentre chez moi. "

Le fétichisme va lui aussi bon train : on ne compte plus les méthodes amaigrissantes proposant des pilules et des potions, des injections plus ou moins mystérieuses, l’usage d’appareillages pseudoscientifiques, d’aimants, de lasers ou d’ultrasons. Dans certains cas, c’est le recours au groupe qui peut être fétichisé : " Je n’ai pas de volonté et je ne peux donc pas maigrir toute seule, explique Colette, 32 ans. C’est pour ça que je ne rate pas une réunion Weight Watchers. La semaine, je remplis les fiches, je fais les recettes proposées, ça me soutient. "

On nie la privation… jusqu’à ce qu’on craque Un mécanisme de défense particulièrement efficace consiste à nier le caractère comestible des aliments qui posent problème. " Les pommes de terre ne me font plus envie. Montignac le dit bien : c’est de la nourriture pour les cochons ", explique Jean-Marc. De même, le docteur Atkins s’efforce-t-il de démontrer que le sucre raffiné est un poison violent, et que les problèmes de santé de l’espèce humaine ont commencé à partir du moment où les céréales (des glucides) sont devenues la base de l’alimentation.

Marie-Claude, 28 ans, qui entreprend en moyenne un régime " sérieux " par an, et qui, à ce rythme, a accumulé un excès pondéral de vingt kilos en dix ans, fait cette année confiance au régime de Suzan Powter. Pour celle-ci, ce sont les graisses qui sont des poisons : " Maintenant, quand j’y pense, tous ces trucs gras, ça me dégoûte. Ça me rappelle ma propre graisse que je hais. "

Puisque les aliments qu’on aimait avant son régime sont désormais des poisons répugnants, ils ne peuvent pas manquer. Le déni de la privation coule de source : " Avec le régime Powter, poursuit Marie-Claude, je ne me prive pas et, même, je mange beaucoup plus que d’habitude. Quand j’ai faim, je fais une orgie de céréales complètes, de riz, de boulgour, avec des tonnes de lentilles ou de pois chiches, le tout additionné d’un petit morceau de viande ou de poisson maigre. Je m’éclate ! " C’est grâce à ce déni de la privation que les régimes sont si reposants, si euphorisants : on ne manque pas de quelque chose qui a cessé d’exister et on se rattrape sur les aliments qui restent comestibles. Mais c’est en même temps ce qui fragilise le régime : car, dès lors qu’on entre en contact avec un aliment dont on nie l’existence, on bascule dans la compulsion alimentaire sans pouvoir se retenir.

Solution : manger ce qu’on aime, mais réduire les quantités
Et si on changeait plutôt de perspective ? Et si, au lieu de partir en guerre contre les bonnes nourritures, de nous raconter des histoires à dormir debout, de nier jusqu’au caractère comestible des frites et du chocolat, de prétendre que nous leur préférons les trucs vapeur et les machins à 0 %, on transformait nos aliments préférés en amis, en alliés ? Et si on décidait de maigrir en consommant… ce qu’on aime, mais dans des quantités moindres. Attention : il ne s’agit pas de manger seulement moins de biscuits ou de charcuterie, mais de manger moins de tout, de nous satisfaire de façon globale de plus petites portions. Moins et mieux, telle sera notre devise. On s’attachera donc à ressentir davantage le goût de la nourriture, à faire en sorte que ce goût retrouve son rôle de régulateur des appétits. Plus on mange et moins c’est bon, alors pourquoi continuer à manger quand on est rassasié ?

Mais ce travail sur le comportement alimentaire n’est pas si simple : puisque désormais on ne mange plus des portions complètes, il nécessite que l’on fasse son deuil d’une partie de la nourriture consommable, bonne qui plus est. En outre, la perte d’une partie des aliments, mais également d’une partie de nous-même, de notre poids, renvoie toujours à d’autres pertes plus ou moins assumées.

De plus, nous l’avons vu, bien souvent, on ne mange pas par faim, mais pour gommer les difficultés de notre vie, nos problèmes affectifs et relationnels. On mange quand on est insatisfait de soi, quand on a des " contrariétés ", quand on est en proie à l’ennui, à une colère non exprimée, lorsqu’on est trop joyeux, ou trop anxieux. On mange pour faire plaisir, ne pas peiner quelqu’un qui nous offre de la nourriture. On mange pour se punir, pour se révolter contre des contraintes, pour s’opposer à un tiers qui surveille ce qu’on mange. Bref, manger est notre système de défense face à toute perturbation, quelle qu’elle soit. Vivre sa vie de personne mince ne va pas sans remises en question. Dans tous ces cas, un travail psychothérapeutique sera nécessaire. En somme, si les régimes et autres " projets nutritionnels " sont des méthodes qui permettent de maigrir de façon temporaire, devenir une personne mince nécessite qu’on effectue un sérieux travail sur soi-même.

INJUSTICE : Inégaux sur la balance
Pourquoi certains grossissent-ils plus que d’autres ? Les sensations successives de faim, de rassasiement et de satiété nous permettent d’adapter naturellement nos prises alimentaires à nos besoins physiologiques et de réguler notre masse grasse qui constitue notre réserve d’énergie. Lorsqu’on a maigri, la faim se fait plus pressante, l’appétence pour les aliments les plus nourrissants augmente, et il en faut davantage pour être rassasié. De plus, le corps se met à fonctionner à l’économie pour dilapider le moins de calories possible : le métabolisme se fait plus performant et on a moins envie de bouger. Certains d’entre nous sont programmés génétiquement pour accumuler une grande quantité de réserves de graisse et fonctionner à l’économie. D’autres, ou les mêmes, mangent sans faim et ignorent leurs sensations de rassasiement lorsqu’ils sont confrontés à des difficultés. Se remplir de nourriture correspond pour beaucoup à un mécanisme de défense polyvalent ; le corps gros est à la fois haï et nécessaire à leur économie psychique.



TROUBLES : En guerre contre la nourriture
Les trois troubles graves du comportement alimentaires :

L’anorexie mentale
L’anorexique refuse de maintenir un poids minimum, a une peur intense de grossir et n’a souvent pas conscience de sa maigreur. Les anorexiques restrictifs contrôlent parfaitement leur alimentation, tandis qu’il arrive aux anorexiques boulimiques de craquer.

La boulimie mentale
Le boulimique est la proie d’épisodes d’hyperphagie incontrôlée durant lesquels il avale rapidement, et sans possibilité de contrôle, d’énormes quantités d’aliments. Pour ne pas grossir, il se fait vomir, ou prend des laxatifs et des diurétiques à outrance, ou pratique des jeûnes compensateurs, ou encore se livre à une activité physique frénétique. On parle de Bulimia nervosa à partir de deux crises par semaine durant au moins trois mois.

L’hyperphagie boulimique
C’est le " binge eating disorder " des Anglo-Saxons. L’hyperphage boulimique est sujet aux mêmes boulimies brutales et incontrôlables, mais ne se fait pas vomir, si bien qu’il est le plus souvent en excès de poids. Il souffre à la fois de celui-ci et de sa boulimie. On parle d’hyperphagie boulimique à partir de deux crises par semaine sur une période de six mois.

 

Février 2000

http://www.psychologies.com

Par Tbilissi
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Vendredi 19 mai 2006

Par David Servan-Schreiber

Professeur de psychiatrie, David Servan-Schreiber
a fondé et dirigé un centre de médecine complémentaire à l’université de Pittsburgh, aux Etats-Unis. Il est également l’auteur de “Guérir” (Robert Laffont, 2003).
 

 

Certaines paroles ou images que nous recevons sur Internet nous touchent parfois vraiment. Récemment, pour moi, il s’agissait de phrases d’Audrey Hepburn et de photos de son visage – de sa jeunesse éclatante au rayonnement de ses années de femme mûre. Enfant, elle avait failli mourir de faim dans les Pays-Bas dévastés de l’après-guerre et avait été sauvée grâce à l’aide aux réfugiés des Nations unies. A la fin de sa vie, à la question : « Quels sont vos secrets de beauté ? », elle répondait avec grâce : « Pour avoir de beaux yeux, cherchez des personnes généreuses » ; « Pour avoir une silhouette fine, partagez votre repas avec quelqu’un qui a faim » ; « Pour avoir de beaux cheveux, laissez un enfant y passer ses doigts » ; « Les gens, encore plus que les choses, ont besoin d’être rétablis, ravivés, récupérés et pardonnés ; ne rejetez jamais quelqu’un » ; « La beauté d’une femme n’est pas l’esthétique de son visage mais se reflète dans son âme. Ce sont les attentions qu’elle donne avec amour, la passion qu’elle montre. La beauté d’une femme grandit avec les années. » Je sais bien que je suis loin de toujours voir la beauté de cette manière ou de ne jamais rejeter un être humain. Je pourrais choisir de laisser glisser ces phrases comme un idéal inatteignable. Mais si je choisis de me laisser toucher par cette vision altruiste et généreuse, je sens une chaleur grandir dans ma poitrine. Quelque chose vibre en moi qui me rapproche du vrai et du juste, de ce qu’il y a de précieux dans mon être. Et j’ai envie d’être comme cette femme qui est allée plus loin que moi, pour goûter à cette générosité de la vie qui nous appartient à tous. Est-ce par naïveté que je me laisse toucher de cette manière ?

Notre vision occidentale est tellement obsédée par nos émotions négatives, que même la recherche scientifique s’est attachée avant tout à elles. Des cinq émotions dites « fondamentales » – dégoût, peur, colère, tristesse et contentement –, il n’y en aurait qu’une seule de positive et elle est mièvre. Les émotions négatives sont utiles. La peur ou la colère nous arrêtent net et focalisent puissamment notre attention sur ce que nous devons protéger dans l’immédiat. Pour cela, elles réduisent notre champ de conscience et nous ferment aux autres, comme si elles criaient : « Pense à toi d’abord ! » En revanche, l’inspiration que nous ressentons devant la grandeur d’âme de quelqu’un que nous admirons, ou même devant l’immensité d’un paysage ou l’harmonie d’un jardin, induit le mouvement inverse. Elle nous arrête aussi, pour nous sortir du train-train de nos pensées habituelles. Mais plutôt que de nous refermer, elle nous ouvre l’esprit et le cœur sur de nouvelles manières d’être et de recevoir ce que le monde a à offrir, et sur ce que nous souhaitons, nous, lui apporter.

A l’université de Virginie, aux Etats-Unis, le laboratoire du professeur Jonathan Haidt se consacre à l’étude des émotions positives et de ce sentiment d’inspiration. Devant un héros de film dont nous admirons la générosité et le courage, ou un documentaire qui montre des volontaires heureux de travailler dans un Restaurant du cœur un soir de Noël, nous sommes

 touchés et mobilisés pour agir de la même manière. Les femmes en période d’allaitement qui regardent ces images ont des montées de lait.

Effectivement, l’ocytocine – l’hormone qui nous relie affectivement les uns aux autres – est sécrétée par le cerveau lorsque celui-ci est stimulé par des émotions qui font battre notre cœur. Elle abonde pendant l’allaitement, autant que pendant l’orgasme dans une relation où l’amour est au premier plan (Jonathan Haidt "The Happiness Hypothesis" New York : Basic Books, 2005). Elle est aussi libérée lorsque nous nous sentons touchés par l’exemple de quelqu’un que nous admirons. Sans doute cette hormone de l’amour vient-elle nous rappeler que c’est à travers notre lien aux autres que nous touchons à ce qu’il y a de plus beau en nous.

 

Par Tbilissi
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Mardi 1 août 2006

AvantIl y a ceux qui partent vite, et ces irréductibles qui ne veulent pas nous quitter. Alors, au lieu de lutter, pourquoi ne pas faire la paix avec ces 3 kilos qui nous obsèdent?

Déjà fin juillet, et les 3 kilos que vous vouliez perdre à tout prix avant l'été sont toujours là, bien installés sur vos hanches et vos cuisses. Seriez-vous, vous aussi, victimes de ce que sociologues et médecins s'accordent à appeler le syndrôme des 3 kilos? Cette étrange maladie frappe une grande majorité de femmes dans nos sociétés occidentales, toutes obsédées par ces kilos qui les éloignent du poids de leurs rêves. Et si ces 3 kilos n'étaient en trop que dans leur tête? Evidemment, nous ne parlons pas ici des personnes ayant de vrais problèmes de surcharge pondérale. On s'adresse à vous, les "un peu rondes" : si vous renonciez définitivement à courir après la perte de ces quelques kilos? S'ils étaient votre passeport vers la "juste rondeur"?

La "juste rondeur", c'est la nouvelle version du poids idéal. Avant, c'était celui qui vous permettait de rentrer dans votre jean diesel de l'été 2001, taille 26, que vous aviez acheté juste après votre grippe intestinale.

Désormais, avec la "juste rondeur", le poids parfait sera le vôtre. Un objectif réalisable et qui premet de vous sentir bien dans votre tête. Il ne s'agit pas de vous laisser aller : dans "juste rondeur", il y a "juste" qui indique la limite à ne pas dépasser! Explications.

"Nous vivons dans un monde sédentaire où sévit une exigence de minceur incompatible avec nos modes de vie, explique de Dr Gérard Apfeldorfer, psychiatre et vice-président de l'association du Gros (Groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids). Or, les femmes ont tendance à oublier qu'on ne choisit pas son poids : il est le fruit de règles génétiques auxquelles nul ne peut échapper." Le premier pas à faire pour atteindre la "juste rondeur" est donc d'accepter cette donnée et de comprendre qu'il existe une différence entre notre poids idéal (celui de nos rêves) et notre poids d'équilibre, celui qui est inscrit dans les données de base de notre corps. Autrement dit, même avec une volonté de fer, un super coach et un nutritionniste réputé, on ne peut pas toutes ressembler à Kate Moss! Notre poids et nos formes sont constitutifs de notre identité, au même titre que la couleur de nos yeux. Alors, arrêtons de nous comparer aux mannequins des magazines et adoptons enfin des normes qui soient les nôtres...

"Chez chaque femme, il existe un poids auquel elle est à son apogée, un moment où elle est parfaite, comme un fruit prêt à être cueilli, explique le nutritionniste Pierre Dukan, auteur des "Hommes préfèrent les rondes" (éd. Le Cherche Midi). J'appelle ce poids son "poids de beauté". Lorsqu'elle l'a atteint, son éclat et son aura sont à leur maximum." Car, forcément, quand on minit trop, notre corps, contrarié, nous le fait payer : le teint terni et la forme baisse. Le Dr Dukan alerte : "Je vois défiler, dans mon cabinet, des femmes qui veulent perdre à tout prix 5 kilos, alors qu'elles n'en ont pas besoin. leur projet prend le pas sur leur santé et leur séduction. Elles oublient que leurs fesses et leur poitrine sont les atouts préférés des hommes, qui sont instinctivement attirés par les femmes pulpeuses!"

Un argument de poids... mais qui ne suffit pas à convaincre les femmes de la beauté de leurs formes. "Je déteste mes fesses, je les trouve trop proéminentes, je hais cette masse de graisse qui sort de ma culotte, enrage Sylvie, 36 ans. Mon mari a beau me répéter que c'est la partie de mon corps qu'il préfère, je tuerais pour avoir les fesses de Gisèle Bündchen!" Le problème de Sylvie, c'est qu'"elle confond la beauté du corps et celle de la personne, précise Gérard Apfeldorfer. Le corps est un objet qu'on peut, certes, juger sur des critères objectifs mais la beauté d'une personne est un ensemble composé de la silhouette, mais aussi du sourire, de la gestuelle, de l'allure, du maintien. La beauté objective du corps n'est qu'un élément parmi d'autres. C'est pourquoi, les femmes qui se sentent jolies et sont contentes d'elles-même ont une attitude, un rayonnement, qui les rend belles, quel que soit leur poids". Carole, 25 ans, jolie liane de 1.78m, qui a longtemps flirté avec l'anorexie, confirme : "Un jour, j'ai compris que mes hanches et mes fesses rebondies étaient ma marque de fabrique, mon identité. Depuis deux ans, je me stabilise sans effort à un certain poids, en mangeant équilibré, mais je me lâche régulièrement sur le chocolat, mon péché mignon! Ma nature de gourmande peut enfin s'exprimer, et tout le monde est d'accord pour dire que je suis plus belle qu'avant;"

Ainsi, quand on accepte la personne que l'on est et qu'on le revendique haut et fort, cela rend tout de suite plus belle... et surtout plus zen! Car, quand on laisse son corps s'arrondir pour atteindre son poids d'équilibre, qu'on mange à sa faim en s'accordant parfois de petits plaisirs gourmands, on se sent tout de suite beaucoup mieux dans sa tête... Et c'est là le véritable avantage de "la juste rondeur" : on arrête de se prendre la tête. "Les femmes qui viennent me consulter oublient trop souvent une chose : leur projet d'être mince n'est pas rien! rapelle Pierre Dukan. Il coûte, il implique des privations."

Et le voilà, le hic : mincir, ce n'est pas facile. les restrictions alimentaires ne font pas bon ménage avec une vie sociale épanouie et, quand on est totalement obsédée par chaque calorie avalée, on devient vite insupportable pour son entourage. "Ma petite amie est totalement subjuguée par les top models et leur maigreur. Elle mesure 1,80 m et passe sa vie à répéter que, au-dessus de 60 kilos, elle appartient à la caste des grosses, témoigne Laurent, 25 ans. Alors, elle s'affame, surtout juste avant l'été. Losqu'elle tient jusqu'à 17 heures sans avaler quoi que ce soit, elle est super fière d'elle et, bien-sûr, elle fond! Mais elle est fatiguée, irrascible, lunatique... C'est un véritable cauchemar."

Et les conséquences néfastes des régimes à répétition sur notre psychisme ne s'arrêtent pas là. "Quand on oscille entre périodes de contrôle et périodes de perte de contrôle, cela fait beaucoup de déga^ts sur le plan de l'estime de soi et peut conduire, à terme, à la dépression, met en garde le Dr Apfeldorfer. Une surveillance alimentaire aiguë est très toxique : les femmes qui en sont victimes deviennent extrêmement rigides, on observe chez elles un dessèchement émotionnel qui affecte jusqu'à leurs enfants. Les filles de ces femmes sont statistiquement souvent victimes de troubles alimentaires et de problèmes de poids."

 Il faut dire que aujourd'hui, le simple fait de se nourrir est devenu une source de stress. Entre les médias qui proposent sans cesse de nouvelles méthodes pour maigrir, les médecins qui multiplient les mises en garde et les annonces publicitaires qui nous invitent à manger au moins cinq fruits ou légumes par jour, nous sommes mitraillés d'injonctions alimentaires à longueur de journée. "Les gens n'ont jamais été aussi perdus et aussi culpabilisés quand il mangent, confirme le Dr Apfeldorfer. Or, quand on s'alimente avec angoisse, on ne peut plus trouver le rassasiement et on ne s'arrête plus de manger!" La solution? Faire paix avec la nourriture. "Il faut être à l'écoute de soi et de ses sensations, ne pas s'affamer, ne pas se forcer, savoir s'arrêter lorsqu'on est repue, poursuit-il. Pour cela, il est fondamental de manger dans un environnement calme, en prenant son temps. Manger demande de l'attention!" Encore une fois, l'idée est de rester connectée à son corps, de ne pas le contrarier. Ensuite, pour l'alimentation, il y a bien-sûr quelques principes de base à respecter, histoire de ne pas dépasser les limites. Les conseils du nutritionniste : "Il suffit de favoriser, à chaque repas, les protides, qu'on trouve dans les viandes, le poisson, les oeufs et les laitages, au détriment des graisses (lipides) et des sucres (glucides), explique Pierre Dukan. Et, surtout, de se réconcilier avec les légumes. On ne peut pas être gros si on aime les légumes!" Il y a aussi quelques réflexes à avoir au quotidien : préférer l'ascenceur, se tenir debout plutôt qu'assise, le plus souvent possible... de bonnes habitudes qui devraient permettre à votre silhouette de "juste ronde" de rester ferme... juste ce qu'il faut. Vous voyez, ce n'est pas si sorcier.

LAUREN BASTIDE

Par Tbilissi
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Samedi 30 septembre 2006

Jean-Louis Servan-Schreiber, édito du "psychologies magazine" du mois d'octobre

Manger n'est peut-être pas le plaisir le plus intense de notre vie, mais c'est bien le plus fréquent. On ne fait pas l'amour trois fois par jour de sa naissance à sa mort. Et quand le coup de rein se fait rare, il reste toujours le coup de fourchette. En se réveillant le matin, nos ancêtres pas si lointains savaient que leur priorité était de se nourrir eux et les leurs. Aujourd'hui, il ne s'agit plus de trouver des victuailes, mais d'y échapper. Elles nous guettent à tous les coins de rues, ou à chaque rencontre. Après le "je pense donc je suis" de Descartes, la pensée philosophique de l'époque devient le "on est foutus, on mange trop" de Souchon.

Et à notre culpabilité de manger trop s'ajoute maintenant celle de manger mal. On finit par se demander si porter une cuillère à sa bouche ne relève pas d'une conduite à risque. Le doute plane : qu'est-ce qui est bénéfique ou nocif, sain ou toxique, bien ou mal? De nécessité alimentaire, manger est devenu un problème moral. On juge l'autre à son comportement à table -"il s'est resservi de la mousse au chocolat..."- ou à son tour de taille. Les gros trouvent difficilement un job.

Pour ma part, j'ai choisi depuis des années de me simplifier la vie en ne mangeant que deux fois par jour. Jamais au déjeuner. J'observe depuis des réactions fortes, entre la suspicion (il n'est pas normal) et l'admiration (c'est héroïque!). L'idée que je me sente simplement mieux comme ça est difficile à faire passer.

Et si c'était une forme d'épicurisme? Chacun de nous peut en effet constater que les 3 ou 4 premières bouchées d'un mets réussi sont délicieuses. Au-delà l'intensité des saveurs s'atténue souvent. Epicure professait que l'excès d'un plaisir pouvait mener à la souffrance. Manger juste nous garde en bonne santé et pourrait me^me faire de nous des philosophes.

Par Tbilissi
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