On finirait par devenir fou, ou par mourir, si on ne pouvait pas pleurer....
....Guy de Maupassant

Peut-être est-ce ça, le problème... Peut-être que je ne pleure pas assez? A vrai dire je ne pleure pas du tout. Plus du tout.
Dure journée, ma belle énergie du week-end s'est effritée en début d'après-midi.
J'ai croisé ma collègue prof de violon qui a été extrêmement désagréable, je me suis pris son hostilité en pleine face, sans comprendre... On s'entend plutôt bien généralement
Puis j'ai croisé F. sans m'y attendre, il ne travaille pas le lundi, d'habitude... Il n'a pas répondu à mon bonjour. Dur, une lame qui s'enfonce dans le coeur.
Il n'en fallait pas moins pour me faire imaginer le pire... Que F. sort avec cette prof de violon, c'est vrai, elle est tout à fait son style...Qu'ils vivent dans cette école la même intimité que celle que j'ai vécu avec lui... Qu'il lui a tout dit de nous, que c'est pour ça qu'elle se montre désormais déplaisante envers moi.
J'étais mal, à 2 doigts de craquer.
Puis je me suis raisonnée... Cette collègue a toujours été réputée pour être très lunatique, j'avais eu la chance que ça ne soit jamais tombé sur moi, désormais c'est chose faite.
Et puis F. était en pleine conversation quand je l'ai croisé, et je suis passée vraiment rapidement, en le regardant à peine, sans trop lui laisser le temps de me répondre.
Et puis, la violoniste a beau être son style physiquement (petite, brune et fine), elle dégage une froideur et une méchanceté qui le bloque. Il m'en avait parlé à l'époque.
Ce soir donc j'ai essayé de faire la part des choses. Je vais un peu mieux. J'ai eu du mal à résister à la crise, mais j'ai tenu bon. Et je pense que c'est grâce à de tels moments que je construis ma guérison. En trouvant un autre moyen pour affronter les évènements désagréables de la vie que "me jeter sur la nourriture".
Trop facile, de tenir le choc quand tout va bien.
Ce soir j'ai fait un grand pas, je pense.
Il ne me reste plu qu'à réussir à pleurer...