Isa... souillon?

Publié le par Tbilissi

Petite j'étais assez bordélique... Bon, ok, j'étais très bordélique!

Je le suis toujours d'ailleurs, mais moins, et ça ne dérange plus personne au quotidien (à part moi...).

Ma chambre, parfois, on n'en voyais plus le sol, tant il y avait de jouets par terre! Et ma mère qui pestait, à devoir les enjamber pour aller fermer mes volets!

Pas très soigneuse non plus, je dessinais sur mes poupées (même sur les murs du salon, un jour...), leurs vêtements s'abîmaient, je mordillais tout.

Mes parents étaient souples, m'encourageaient gentiment à faire plus attention, à ranger un peu... Mais après tout, j'étais une une petite fille vivante, tout simplement, ne vivant pas dans un monde aseptisé. Et ils étaient très compréhensifs à ce niveau.

 

Ce qui n'était pas le cas de ... ma grand-mère!

La maman de mon papa. Elle était désespérée de me voir, moi, si "parfaite", être aussi peu soigneuse.

Enfin, ce n'est pas le terme qu'elle employait. Elle me traitait de "souillon".

Régulièrement, avec véhémence, et sans se poser de question.

Aujourd'hui elle s'étonne que j'y repense encore. Et que je l'aie "aussi mal pris".

Il a quand même fallu que mes parents cherchent avec elle la définition du mot pour qu'elle prenne conscience de ce dont elle me qualifiait : comme synonyme de "souillon" nous trouvons donc "cochon, crasseux, dégoûtant, grossier, malpropre, mégère, sagouin".

 

Alors que ma cousine était si "bien sous tout rapport".

Ma cousine M., un an de moins que moi. Officiellement "ma meilleure amie". En réalité ma plus grande source de complexe. Un visage d'ange, une allure folle, un esprit vif.

Et soigneuse, elle. Sa chambre était toujours rangée au carré, ma grand-mère vantait sans cesse ses mérites.

Plus tard elle a eu un succès de folie auprès des garçons (enfin, ma cousine, hein, pas ma grand-mère!). Elle a eu son 1er baiser avant moi alors qu'elle était plus jeune. Et puis elle est belle, si belle... Toute petite, délicate, la peau très blanche avec des tâches de rousseurs... J'ai l'impression d'être un monstre à côté d'elle, encombrante, sale, vulgaire.

Il y a 2 ans, j'étais partie en vacances à la montagne avec F. Sur le chemin nous nous étions arrêtés à Lyon, où habite ma cousine M. qui nous avait invités à dîner. Et bien j'étais morte d'inquiétude. F. aime les petites brunes, or M. est encore plus petite et encore plus brune que moi. J'angoissais, je lui avais d'ailleurs préparé le terrain en lui disant que ma cousine était vraiment très belle.

En rapartant de chez elle, il m'a fait le plus beau compliment qu'on m'ait jamais fait... Il m'a dit "Moi, ta cousine, je préfère sa cousine..."

Mon complexe vis-à-vis de M. est certainement un reste de l'enfance, de ces comparaisons assassines de ma grand-mère.

Mais c'est plus fort que moi, lors des réunions de famille je me sens moche, pas présentable, faisant honte à toute la famille. Mes cousines sont tellement belles...

Et du coup je pense que ce complexe s'est généralisé à toutes les situations de ma vie sociale. J'ai beau être toujours propre sur moi, je me sens sale.

Je me sens grosse, j'ai l'impression que tout le monde le voit, se demande comment je peux oser m'exposer aux regards dans cet état si pittoyable.

Souillon... Et si ce mot résonnait encore dans mon inconscient sans que je m'en rende compte...?

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Publié dans Mon histoire

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D
c'est dingue comme on peut idéaliser certaines personnes et se sentir inférieure en toute occasion<br /> alors que tu as bcp de valeurs aux yeux de bcp de personnes, ils te l'ont prouvé par des mots, des gestes, des regards<br /> je reponds à ta question: en fait j'ai dejà passé le concours l'an dernier et j'ai pris l option musique, une cata, je tremblais, je n étais pas en rythme,^, bref mauvais souvenirs et note qui a décidé du resultat:  refusée ( 9sur 2O!) donc je suis restée sur cet echec et cette année j'ai pris l option littérature de jeunesse, mais je veux être de nouveau en ons termes avec ma flute, m'y remettre<br /> bizz
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L
Je comprends ton malaise vis-à-vis de tes cousines, étant donné que j'ai toujours eu un complexe d'infériorité par rapport à la mienne qui "était la petite fille sage, jolie et mince". Je m'entends super bien avec elle et elle n'a jamais tiré partie de l'image "de marque" qu'elle dégageait au sein de la famille et en particulier auprès de mes grands-parents qui en avaient fait leur chouchoute. Des évènements récents m'ont montré qu'elle souffrait beaucoup etque je n'avais rien à lui envie.<br /> Et tu sais, moi j'aime bien les gens brouillons. Trop de propre tue le propre lol!<br /> Bisous et douce soirée,<br /> Lisanka<br />  
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B
Il y a sûrement des paroles entendues sur lesquelles nos fragilités et nos doutes viennent cristalliser ... jusqu'à devenir des certitudes et des obsessions.Remonter à la source et tenter de comprendre , voilà encore un pas de fait ...Et puis il existe aussi, et heureusement, des paroles qui aident à s'envoler ! Attrape les par poignées ma douce ...
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A
Toi c'est ta cousine, moi c'est ma soeur... C'est d'aimer une personne si fort et de la détester tout autant :(
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K
Je crois que toutes ces choses dites lors de notre enfance remontent "grâce" aux TCA et à cette peur du gras, de la peau, de la graisse.<br /> Pour mon expérience personnelle, c'est la même chose. On m'a traité de "La Grosse" durant toute mon enfance alors que je ne l'étais pas vraiment. Et sa remonte maintenant inconsciement dans l'anorexie.<br />  <br /> Cette peur de redevenir "sa", pour toi c'est la "souillon" et pour moi c'est "La Grosse".<br /> Maintenant, il faut apprendre à passer outre tout sa, mais c'est si compliqué car c'est gravé dans notre inconcient...<br /> Gros bisous et courage Miss !!!
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