Si on respecte toutes les règles, on gâche tout le plaisir.
Katharine Hepburn.
Petite, j'étais obéissante à l'extrême.
Rien ne me satisfaisait plus que de faire exactement ce qu'on attendait de moi.
J'ai toujours beaucoup tenu compte de ce qu'on me disait.
J'ai toujours très bien compris les consignes, toujours été très forte pour les appliquer à la lettre.
Il y a peu, mon prof de piccolo m'a encore dit que j'étais très méticuleuse, impressionné mon respect des indications sur la partition...
Or depuis que je suis adulte, c'est à moi de me dicter mes propres règles.
Pas dans tous les domaines, bien évidemment et bien heureusement! Mais de part mon métier, j'ai des horaires très irréguliers, une vie irrégulière et je me sens un peu perdue...
C'était tellement plus simple quand on me dictait ma conduite.
C'est terrible de dire ça, je le sais bien, tant de gens se sont battus pour leur liberté... Mais c'est ainsi que je le ressens.
Quand on m'imposait les choses, si quelque chose ne me convenait pas, ce n'était pas ma faute. Je n'avais pas à en assumer la responsabilité. J'ai toujours eu un guide, un modèle, un maître de vie : mes parents, mon prof de flûte, mes petits amis successifs... Et j'aimais bien.
car aujourd'hui, si je prends une mauvaise décision, si je me plante, c'est de ma faute. Lourde responsabilité...
Seule je ne parviens pas à gérer. C'est l'anarchie. J'arrive à grand peine à me contenir... Sauf sur le plan alimentaire. C'est là que tout explose, tout mon désarroi d'être livré à moi-même se cristalise.

Il faut que je réussisse à tourner ce "flou" en quelque chose de positif.
Je suis seule? Chouette, je peux faire ce que je veux.
Je n'ai pas de contrainte le lendemain? Youpi, je peux me lever à l'heure que je veux, et veiller autant que je le veux.
Je mange seule? Yes, je peux manger ce qui me fait vraiment envie.
En fait je bénéficie d'une liberté extraordinaire, et je suis bien décidée à en profiter désormais!