Journée éprouvante...
Contre toute attente, la fête de famille d'hier était vraiment magnifique. J'ai adoré voir tous ces cousins, oncles tantes, cousins éloignés, grand-oncles, grand-tantes... Il faisait beau, il régnait une atmosphère paisible, et franchement, ma famille compte un nombre hallucinant de gens adorables. J'étais bien, les épreuves du buffet et de la photo familiale n'ont (presque) pas posé problème.
Mais ce matin, visage gonflé d'avoir trop pleuré. Moi qui ne pleure jamais, je me suis vidée hier soir. En effet, terrible dispute avec ma soeur. La plus violente que nous ayons jamais eu.
Elle avait beaucoup bu tout au long de la journée. Beaucoup, beaucoup, beaucoup. On m'en a souvent fait la remarque au cours de la fête, que ma p'tite soeur buvait trop. Elle a même gardé son verre sur la photo de famille.
Nous sommes rentrés bien plus tard que prévu, fatigués mais satisfaits, et sur le trajet retour nous parlions des uns et des autres (et oui, l'être humain aime papoter sur le dos des absents!). Nous parlions d'une jeune cousine très effacée, et je voulais comparer avec mon expérience, dire qu'à son âge j'étais maladivement timide. Mais ma soeur ne m'a pas laissé le temps de finir ma phrase, et s'est écriée "Quoi??? Maladivement timide??? On entendait que toi à table".
Car c'est vrai que petite, je prenais beaucoup de place en tant qu'aînée. Mais cette phrase qui sortait du coeur m'a bloquée. J'ai ressenti des années de souffrance de ma soeur. Je me suis tue.
Mon frère et ma soeur ont continué à parler, la dsicution est rapidement venue sur l'apparence physique. Ma soeur s'est largement exprimée sur le fait qu'elle se sentait enfin bien dans sa peau, qu'elle avait d'ailleurs souvent des remarques de gens lui disant qu'elle était "bien foutue". Elle l'a répété beaucoup. En insistant en plus sur le fait que c'était sans avoir à faire d'effort (pas de régime, jamais de sport). Moi je me taisais toujours, donc à un moment elle m'a demandé mon avis, j'ai dit que je ne souhaitais pas parler de ce sujet, qu'elle savait bien que c'était sensible chez moi (elle est au courant de mes TCA depuis bien longtemps).
Mais elle n'a pas lâché l'affaire. Ca partait d'une bonne intention, elle voulait me faire dire que moi aussi j'étais bien foutue et que je le savais. J'ai cru devenir folle : non, je ne me trouve pas bien foutue, mes 11 ans de maladie on détruit ce corps qui était beau à la base, mais qui est désormais difforme, plein de cellulite, et que je déteste. Elle voulait me faire entendre raison là-dessus, "pour mon bien", et quand je lui ai dit qu'elle n'était pas ma psy, elle m'a dit "ah oui, ta psy est plus importante que ta soeur?"
Nous nous sommes disputées pendant des heures, mon frère ne savait trop que faire entre nous deuxc. Au final nous nous sommes plus ou moins réconciliées, "en apparence". Nous nous sommes dit des choses trop dures pour que ça redevienne "comme avant".
Elle m'a dit que je ne supportais pas que ce soit elle qui soit bien dans sa peau, mieux que moi. Et je pense qu'elle a raison, il y a de la jalousie dans ma réaction excessive.
De la tristesse, aussi, je déteste la petite fille tyrannique que j'ai été. Et aujourd'hui encore je n'arrive pas à être une "bonne grande soeur", j'ai fait passer un week-end vraiment pourri à mon frère et ma soeur.
Je suis triste.