Comment est-ce possible...?

Dimanche matin. Je suis allée faire un footing bondissant, je suis douchée-parfumée-pomponnée, j'écoute Julien Lureau à fond dans mon i-pod en me dirigeant vers le métro. Il y a un doux soleil, je sens mon coeur empli de bonheur, je souris sans cesse et me sens pleine, vivante.
Lundi midi. Prostrée sur mon ordinateur avec la télé en fond sonnore, j'enchaine les crises bnv depuis la veille au soir.

Mais comment est-ce possible...? Suis-je une doctoresse Jeckyll habitée par une miss Hyde pour passer d'un tel extrême à un tel autre en aussi peu de temps?
Mon bonheur était-il factice?
Suis-je encore trop fragile pour être heureuse plus d'un mois d'affilée? Plus d'une semaine? Plus d'un jour?
Bien entendu je perçois les raisons de mon malaise...
La thérapie qui se passe bien mais me laisse voir l'entendue du travail qui me reste à faire sur moi. Pour avoir un "bon" rapport aux gens, je minaude, je souris artificiellement, je me cache, je ne suis pas moi... Epuisant, et nécessitant mes bnv pour me "recharger".
Ma soirée avec L., ma meilleure amie. Elle a eu l'air de s'ennuyer avec moi. Pire, d'être énervée par moi. De ne plus vouloir de mon amitié. Peut-être suis-je parano, peut-être pas, mais ce qui est sûr c'est que ça m'a rendu malheureuse.
Ma solitude. J'ai peu d'amis, peu de passions ou même de centres d'intérêt. Si je ne suis pas prise par les éléments extérieurs, je dépéris.
A. me manque de plus en plus. Ca ne fais que 2 jours que je ne l'ai pas vu, encore 12 jours à tenir. Pourtant il ne faut pas que je ne vive qu'à travers lui. Nous passons des moments magnifiques ensemble, mais ils seront encore plus beaux si j'ai une vie riche et pleine par ailleurs.
Je sais tout cela. Je le comprends intellectuellement.
Mais émotionnellement, je bloque, je ne suis pas. Je suis triste. Je boulimise. Et je n'arrive même pas à vomir...
C'est pas gagné...